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Retour aux fondamentaux à la Fashion Week virtuelle de Milan

Publié le
21 juil. 2020
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3 minutes
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La Milano Digital Fashion Week s’est achevée vendredi 17 juillet sur un bilan positif, entre moments forts avec des défilés importants et quelques films innovants, des découvertes intéressantes, mais aussi quelques occasions manquées. Ce nouveau support digital choisi pour remplacer la Semaine de la mode masculine estivale, qui n’a pu se tenir en raison de la pandémie du Covid-19, n’a sans doute pas toujours été exploité comme il aurait pu l’être par certaines marques. Reste que l’événement a su attirer un large public.
 

La collection et la vidéo de Prada ont été plébiscitées - Prada


La plateforme mise en place par la Camera nazionale della moda italiana (CNMI) a enregistré 280.000 visualisations. Le calendrier, qui comptait 43 marques, accueillait aussi bien les pré-collections féminines de nombreuses marques de prêt-à-porter pour femme, que les collections masculines pour le printemps-été 2021. Plusieurs maisons ont présenté leur collection croisière masculine et féminine.

Parfois très peu de silhouettes ou même aucune n’étaient visibles dans les vidéos, laissant transparaître les difficultés qu’ont eues les marques italiennes à réaliser leur collection compte-tenu du confinement et de la lente reprise des activités industrielles depuis début mai.

A l’exception de quelques-unes, la plupart des griffes ont misé sur des pièces classiques, voire basiques, dans des versions monochromes ou avec peu d’imprimés, mettant en avant leur identité et valeurs, et laissant peu de place au final à la créativité ou à de réelles nouveautés. On a vu beaucoup de tenues décontractées et confortables avec des tricots ajourés et d’amples shorts ou bermudas. A émergé des collections une nouvelle simplicité, dépouillée de tout superflu.
 

Le final du défilé marathon du groupe textile de luxe - Ermenegildo Zegna


La nature a inspiré de nombreux designers, tandis que plusieurs griffes ont allumé les projecteurs sur les fondamentaux du made in Italy, comme les savoir-faire traditionnels, le travail artisanal, le patrimoine historique de chacune, sous forme de films institutionnels ou de vidéos tournées dans leurs ateliers, usines ou sièges (Kiton, Salvatore Ferragamo, Missoni, Tod’s, Zegna).

C’est Prada, qui emporte la palme du film et de la collection les plus appréciés. La directrice artistique Miuccia Prada, qui présentait pour l’occasion sa dernière collection en solo avant de collaborer avec Raf Simons à partir de septembre, a proposé un vestiaire masculin à la fois sobre et moderne renouant avec le menswear "classique revisité" typique de la maison. Toujours attentive à la dimension artistique, elle a présenté son travail sous l’objectif de cinq photographes et artistes différents dans une démarche innovante de regards multiples et croisés.
 
Chez Gucci, le directeur artistique Alessandro Michele a encore marqué un grand coup en filmant en direct pendant 12 heures la préparation du shooting pour la campagne de sa collection, entièrement endossée par son équipe créative.

L’expérience phygitale de Ermenegildo Zegna a constitué aussi l’un des temps forts de cette Semaine milanaise mettant en scène un défilé de manière ininterrompue se déroulant sur les trois kilomètres qui relient l’Oasi Zegna, la réserve naturelle gérée par le groupe textile italien dans les paysages montagneux du Piémont, jusqu’à son siège historique de Trivero.
 

La présentation de Federico Cina


Les émotions n’ont pas manqué à cette Fashion Week, notamment lors des deux seuls défilés qui se sont déroulés pour de vrai le 15 juillet devant un groupe restreint de spectateurs en plein quadrilatère du luxe à Milan, dans l’hôtel Four Seasons, pour Etro, et dans le jardin du campus universitaire de l’Hôpital Humanitas pour Dolce & Gabbana.
 
La Milano Digital Fashion Week a aussi été l’occasion de découvrir des marques, qui n’ont pas la possibilité d’habitude d’accéder à une telle visibilité. En particulier, celles qui ont su le mieux exploiter l’outil digital avec des films cohérents avec leur univers, ainsi que des collections intéressantes. A noter en particulier dans les noms à retenir, le designer italien Federico Cina et sa garde-robe "made in Romagna", Gall et ses tenues de baroudeurs hyper techniques et performantes ou encore le danois Han Kjøbenhavn et sa collection futuriste.


 

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