Samaritaine: les syndicats refusent un plan social "au rabais"

PARIS, 8 sept 2005 (AFP) - La direction du magasin de la Samaritaine, fermé au public depuis le 15 juin, a proposé jeudi aux salariés un accord prévoyant "plus de 200 postes" de reclassement, immédiatement rejeté par les syndicats qui dénoncent un plan social "au rabais" et exigent des garanties pour tous.


Une vendeuse et une réceptionniste de La Samaritaine manifestent le 1er septembre 2005 devant le magasin - Photo : Stéphane de Sakutin

L'annonce de la direction, le 22 juillet, de la fermeture du grand magasin parisien pour "cinq à six ans d'études et de travaux" de sécurité avait soulevé un tollé au sein des 1.400 salariés et contractuels, qui réclamaient des travaux par étapes pour préserver leurs emplois, craignant une fermeture définitive.

Le 29 juillet, le groupe LVMH, propriétaire de la Samaritaine, assurait que les contrats de travail et salaires des 734 employés du magasin étaient maintenus jusqu'à la fin octobre 2006, le temps d'engager une négociation sur le sort du personnel.

Une "première liste de plus de 200 postes disponibles au sein du groupe LVMH a été remise" jeudi aux représentants du personnel, à l'occasion d'un comité d'entreprise (CE) extraordinaire ouvert par le président de la Samaritaine, Philippe de Beauvoir, a fait valoir la direction.

Une centaine de postes, notamment de vendeurs, magasiniers ou conseillers de gestion, ont été proposés chez Louis Vuitton, plus de 40 d'emplois au Bon Marché, une trentaine chez Sephora et une autre trentaine de postes dans le reste du groupe (Moët et Chandon, Chaumet, Franck et Fils), a-t-elle précisé à l'AFP.

Ces propositions concernent les 734 salariés directs du groupe, ajoute la direction.

Mais quid des quelque 650 démonstrateurs employés par des concessionnaires de marques installés à la Samaritaine ?, rétorquent les syndicats CFTC, CGT, Unsa, CFDT, CGC qui ont voté d'emblée, à l'ouverture du CE extraordinaire, une motion exigeant l'application du livre III du Code du travail, qui définit les conditions de mise en place d'un plan social.

"C'est un accord au rabais. On ne veut pas d'un accord tronqué", a fustigé Annick Manceau, déléguée syndicales CGT.

"La direction nous a proposé un accord dérogatoire au droit du travail mais nous le refusons. Nous demandons l'ouverture d'un réel plan social", a déclaré la secrétaire du CE Monique Daniel (CFTC, majoritaire).

La direction a donné rendez-vous "la semaine prochaine" aux syndicats.

Mais pour ouvrir les négociations, les syndicats exigent "d'inclure le personnel de démonstration et concessions dans le PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) de la Samaritaine". Ils demandent également "un document reprenant les informations sur le bilan social, notamment sur la composition du personnel", selon la motion signée.

Par ailleurs, Mme Daniel estime que le document remis jeudi par la direction est un "faux". Selon les syndicats, ce texte, présenté comme étant le même que celui remis aux CE le 22 juillet, a en fait "été modifié" depuis, la direction craignant que la première mouture puisse être attaquée pour délit d'entrave.

LVMH a indiqué mercredi que l'impact de la fermeture de La Samaritaine sur le bénéfice net du groupe au premier semestre 2005 (559 M EUR, +19% sur un an) s'élevait à 147 millions d'euros.

Par Ingrid BAZINET

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