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16 mai 2021
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4 minutes
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Soldes d'été: maintien ou décalage des dates ?

Publié le
16 mai 2021

Alors que les commerces d'habillement préparent leur réouverture du 19 mai, la question des soldes est d’ores et déjà sur le tapis. En raison de la crise, il avait été décidé l’an dernier un report de trois semaines pour la session estivale. Cet hiver, les soldes ont connu un report puis un allongement de deux semaines. Estimant que les décalages consentis lors des deux dernières sessions n’ont pas porté leurs fruits, plusieurs fédérations se prononcent cette fois pour un maintien aux dates déjà fixées, c’est-à-dire du 23 juin au 20 juillet, quand d’autres militent pour un début un mois plus tard. Les pouvoirs publics se prononceront d’ici fin mai, après avoir consulté les différents représentants du commerce.


Shutterstock


Procos, qui réunit des enseignes spécialisées (mode, décoration, loisir…), milite pour qu’aucun décalage de la période des soldes ne soit consenti, avec une ouverture possible tous les dimanches. L’objectif ? Aider les réseaux à "relancer au plus vite l’activité, reconstituer leur trésorerie et réduire autant que faire se peut les stocks accumulés à la suite de la fermeture de près de 30.000 magasins depuis trois mois et demi, puis d’un mois et demi de l’ensemble du parc de plusieurs secteurs".

Sur la même longueur d’onde, la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA) martèle que ce coup d’envoi doit être "absolument maintenu. Alors que de nombreuses aides du gouvernement n'arriveront pas avant cet été, voire la rentrée, les commerçants ont impérativement besoin de reconstituer leur trésorerie avant même de parler de marges", renchérit-elle dans un communiqué.

Représentant différents types et tailles de commerces implantés dans la capitale, la CCI Paris s’est elle aussi fendue d’une communication pour "demander instamment" le maintien du 23 juin. La problématique de ces lieux de shopping parisiens est celle des congés pris par ses habitants: "il est primordial de laisser aux commerçants franciliens la possibilité d’organiser les soldes d’été bien avant le départ en vacances de la clientèle d’Ile-de-France, argumente-elle. Tout décalage vers le mois de juillet aurait des conséquences alarmantes pour le commerce francilien lourdement affecté par les confinements successifs et la difficile reprise de l’activité touristique de la région capitale".


Première matinée des soldes d'hiver, le 20 janvier 2021 sur le boulevard Haussmann à Paris - FNW/OG


Si l’Alliance du Commerce penche pour la même date, cette fédération qui regroupe les chaînes d’habillement et grands magasins formule une autre demande: pouvoir allonger la période de rabais, en passant de 4 semaines à 5 voire 6 semaines (donc jusqu’au 27 juillet ou 3 août). "La période de fermeture de 3 mois et demi a très fortement impacté les ventes des produits d’entrée et de mi-saison de la collection printemps/été 2021. Dans ce contexte, les entreprises doivent faire face à d’importants besoins en trésorerie dans l’attente du versement des aides", résume l’Alliance, qui ajoute qu’un report ne ferait selon elle que "rallonger la période de pré-soldes" (les fameuses ventes privées), et entraînerait le "retard de l’entrée en magasin des produits d’entrée de saison de l’automne/hiver 2022".

De son côté, la Fédération française du prêt-à-porter féminin a lancé un sondage sur LinkedIn pour connaître le sentiment de ses adhérents. Pour l’heure, 67% des 396 votes sont en faveur d’un démarrage comme prévu au 23 juin. Tandis que 33% se prononcent pour un report de 7 jours. Chez les marques et enseignes, si Grain de Malice (FashionCube) et Nat&Nin se disent par exemple convaincues du fait de ne pas bouger la date des soldes, le chausseur Eram préfèrerait les repousser d’une semaine.
 
Représentant les commerces de mode indépendants, la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) a également consulté ses membres et se positionne comme l’an dernier en faveur d’un décalage des soldes de l’ordre de trois semaines, avec un démarrage fixé au 15 juillet. "Il faut nous laisser le temps de vendre nos collections au prix juste, commente Pierre Talamon, membre du bureau de la FNH. Les soldes à la mi-juillet seront peut-être moins dynamiques à Paris, mais c’est une mesure demandée en région". Pour certains de ces petits commerces, il avait été bénéfique de vendre des articles sans démarque jusqu’au 14 juillet l’an dernier.

La question des soldes n’est donc toujours pas proche d’un consensus parmi les acteurs aux profils divers du secteur mode. C'est désormais à Bercy de trancher.

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