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Textile : Human Rights Watch veut en finir avec la course aux prix

Publié le
today 7 mai 2019
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Sur 66 pages, l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch dresse sur les conditions de travail des ouvriers textile dans le monde un bilan on ne peut plus mitigé. Six ans après le drame du Rana Plaza, les marques sont notamment pointées du doigt pour leur persistance à pousser les baisses de coûts, que les fournisseurs répercutent sur les salaires et conditions de travail.


Le rapport est largement consacré à l'impact de la pression des marques concernant les prix sur les conditions de travail et de rémunération des ouvriers du textile - Shutterstock


Pour réaliser ce nouveau rapport, Human Rights Watch s’est entretenu avec des ouvriers officiant notamment pour l’industrie textile du Bangladesh, du Cambodge, de l’Inde, de la Birmanie et du Pakistan, qui ont témoigné de leur quotidien. Mais également avec des fournisseurs d’habillement d’Asie du Sud et du Sud-Est, qui témoignent de leurs rapports délicats avec les donneurs d’ordres, notamment sur la question des prix de vente. En ressort un document amer intitulé « Paying for a Bus Ticket and Expecting to Fly » (payer le prix d’un ticket de bus et espérer voler) disponible en anglais, et dans une version résumée en français.

« Les marques ont souvent des difficultés à superviser effectivement les conditions de travail dans les ateliers de confection tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement qui sont souvent tentaculaires », relève Human Rights Watch, pour qui la pression sur les prix est le terreau de la sous-traitance sauvage (un sous-traitant faisant lui-même appel à un sous-traitant sans le signaler, ndlr).

« Beaucoup d’entre elles aggravent ce problème en refusant de cartographier et de révéler les ateliers où elles s’approvisionnent, ce manque de transparence rendant plus difficile pour les organisations qui surveillent ce secteur de détecter les abus que les marques elles-mêmes, malgré leurs efforts, n’ont pas pu identifier. Et certaines enseignes ont recours à des agents pour choisir des ateliers pour fabriquer leurs produits, sans insister pour connaître l’emplacement de ces ateliers, leurs conditions de travail et leurs pratiques en matière de prix », indique l'organisation.

Le document est notamment l’occasion pour Human Rights Watch de formuler des recommandations, que ce soit à destination des marques, des gouvernements ou encore de l’Organisation Mondiale du Travail et de son « Better Work Program ». La transparence est le maître-mot de ces différentes demandes, qui appellent notamment à la mise en place de politiques internes strictes au sein des marques. La norme Transparency Pledge, l’accord ACT (Action, Collaboration et Transformation), l’étude Better Buying ou encore le travail de la fondation Fair Wear sont cités en références. Des dispositifs existants que nombre de marques chercheraient à éviter en mettant en place leurs propres outils, moins contraignants, déplore HRW.

« Les consommateurs ne devraient pas permettre aux marques de se flatter de disposer de certaines politiques uniquement sur le papier ou de s’être jointes à des initiatives ayant de nobles objectifs, à moins qu’elles ne fassent preuve de transparence sur les résultats », a affirmé Aruna Kashyap, juriste senior de la division Droits des femmes de Human Rights Watch, qui pointe une communication souvent très partielle et intéressée de la communication des marques sur les démarches entreprises.

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