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Publié le
5 avr. 2021
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Thomas Huriez (1083) "Les marques qui 'greenwashent' nous donnent raison"

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AFP-Relaxnews
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5 avr. 2021

La pandémie de Covid-19 a remis en question nos habitudes de consommation, (re)plaçant la mode éco-responsable et le Made in France au coeur des préoccupations du public. Des enjeux environnementaux et sociaux qui font partie intégrante de l'ADN de la marque 1083, qui propose depuis huit ans des jeans éco-responsables, bio, et fabriqués dans l'Hexagone. Rencontre avec son fondateur, Thomas Huriez.





Qu'est-ce qui vous a amené à lancer une marque de jeans Made in France et éco-responsables en plein essor de la fast fashion ?

Thomas Huriez  : La marque 1083 existe depuis 2013 mais l'entreprise que j'ai initialement créée existe depuis 2007. J'ai commencé par ouvrir une boutique de vêtements bio et équitables à Romans-sur-Isère dans la Drôme. Comme j'étais informaticien, j'ai appris le métier de commerçant sur le tas, et au bout des trois années qui m'ont été nécessaires pour maîtriser ce métier, mes fournisseurs ont fermé. Pour ne pas fermer moi-même, j'ai décidé de créer ma propre marque de vêtements. Je trouvais le jean particulièrement intéressant car c'est un produit que tout le monde porte, ça permettait donc de toucher une clientèle très large avec mes idées, à savoir respecter les gens et l'environnement et proposer du Made in France, d'autant plus qu'à la base le jean est un produit très mondialisé, très concurrentiel, et très polluant. Le faire en France, de manière écologique et abordable, était tout simplement un super défi.

L'histoire de 1083 montre que l'on peut être engagé, produire et créer des emplois en France, et faire du commerce équitable tout en connaissant le succès… C'est quoi la formule magique ?

TH : C'est plus facile pour nous qui partons d'une feuille blanche que pour une marque qui est déjà installée. L'équilibre qui permet de faire du Made in France et du bio à un prix abordable repose sur l'idée d'être un intermédiaire de distribution le plus léger possible. Un jean de marque coûte environ 100 euros alors qu'un jean de fast fashion coûte environ 20-30 euros donc on se dit que ces deux jeans sont vraiment différents, alors qu'en réalité, si on regarde l'étiquette de composition, ces deux jeans ont été fabriqués dans le même pays avec les mêmes matières premières. La différence, ce n'est pas le jean mais la marque, et derrière la marque c'est le modèle de distribution de la marque. La force de la fast fashion c'est qu'elle fait en quelque sorte de la vente directe, alors que la marque va être un intermédiaire entre les commerçants et les fabricants, avec des circuits un peu plus lourds et des budgets marketing forts pour donner de la valeur à ce produit... qui n'en a pas tellement puisque c'est le même que celui de l'enseigne de fast fashion.

N'est-ce pas trompeur pour les consommateurs ?

TH : Oui, mais quand un consommateur achète un vêtement, il achète une émotion donc également de la communication et du marketing. C'est tout à fait normal, en réalité. Il n'y a pas maldonne dans la mesure où on s'habille pour dire qui nous sommes.

Les prix des jeans 1083 restent accessibles malgré des matières responsables et une fabrication française, comment est-ce possible ?

TH : On a fait la même chose que les enseignes de fast fashion, c'est-à-dire qu'on a tout fait pour vendre en direct et pour limiter du coup l'écart entre le prix de revient et le prix de vente aux consommateurs. On a limité nos marges. Quand on fait de la vente directe, on a besoin de beaucoup moins de marge que quand il y a des intermédiaires. Pour vendre un jean autour de 100 euros aux consommateurs, avec cette faible marge, il fallait qu'on l'achète au maximum à 30-40 euros, au lieu de 10 euros pour la plupart des marques. On s'est donc demandé ce que l'on pouvait faire en France pour cette somme. Et là, surprise, on peut en réalité tout faire ! On a donc décidé de se servir de nos faibles marges, et donc de notre capacité à acheter des produits chers, pour qu'ils soient faits localement avec le plus de valeurs ajoutées environnementales et sociales possible. 

Que penser des marques qui affirment que cette révolution prendra du temps ?

TH : C'est beaucoup plus dur quand on ne part pas d'une feuille blanche. Faire du circuit court et vendre en direct est facile et courant. Par contre, quand on est habitué à être un intermédiaire, quand on a des réseaux de magasins à faire vivre, du marketing à payer, beaucoup de salariés, et des fournisseurs déjà basés en Asie, etc., on doit opérer une transition… Et c'est tout le problème de ces marques. C'est très dur de changer, encore plus en période de crise. Il est nécessaire de changer quand tout va bien, mais souvent on ne perçoit l'importance des changements que quand ça commence à aller mal. Mais on est tous comme ça ! Dans dix ans, quand 1083 sera bien installé, s'il y a une révolution qu'on n'a pas perçue ou qu'on n'a pas voulu voir, on sera exactement dans la même position.

Vous avez fait le choix de ne jamais proposer de soldes. Pourquoi ce parti pris ?

TH :  Les soldes sont nécessaires et logiques pour écouler les invendus des produits saisonniers. Mais les jeans ne sont pas des produits saisonniers donc les soldes n'ont aucun sens économique, ils ont juste un sens commercial. Sauf que c'est contradictoire avec notre propos puisque ça ne ferait que dégrader la perception du prix par le consommateur. On ne veut pas mentir aux clients en faisant du yoyo avec les prix. Nous avons donc choisi de faire un prix juste tout au long de l'année; ce qu'on leur explique régulièrement. 

Comment réagissent vos clients face à ce choix ?  

TH : Chaque année, des clients qui nous découvrent entre mars et juin vont s'apercevoir dès le mois de juillet que les produits de 1083 ne sont pas soldés. Lorsqu'ils se connectent le premier jour des soldes, ils apprennent pourquoi on ne le fait pas car nous sommes totalement transparents sur le sujet. Et finalement, les gens comprennent notre démarche et estiment même que c'est tout à fait cohérent. Résultat, les premiers jours de soldes sont depuis les débuts de 1083 des très bonnes journées de vente car beaucoup de nouveaux clients comprennent tout à fait ce choix, qui s'inscrit dans une démarche globale, et nous font même encore plus confiance.

"La fast fashion a le droit de prendre conscience des limites de son modèle et de les corriger"



Quel a été l'impact de la crise sanitaire sur 1083 ?

TH : La pandémie a accéléré la transition de beaucoup de consommateurs. Comme je le disais précédemment, il n'y a que quand on est au pied du mur que l'on réagit. On connait une croissance plus forte depuis la Covid-19, même si on était déjà sur une croissance de l'ordre de 30 à 40% par an. De plus en plus de consommateurs souhaitent acheter local, en toute transparence, parce que ça fait sens, et décident progressivement de changer leur garde-robe, de se diriger vers d'autres marques, ou de changer leurs habitudes. Toutes les marques qui s'inscrivent dans une démarche éco-responsable ont ou vont progresser grâce à la prise de conscience qui fait suite à la crise de la Covid-19.

Aujourd'hui, faut-il être une marque engagée pour convaincre les consommateurs ?

TH  : Oui, il suffit de regarder la communication actuelle de toutes les marques. Aujourd'hui, si vous regardez les promesses clients de 1083 et d'enseignes de la fast fashion, vous voyez les mêmes messages. Si nous le faisons depuis autant d'années c'est par conviction, et si la fast fashion le fait aujourd'hui c'est parce que le marché s'est rapproché de ces convictions. Cela peut avoir un côté frustrant car il y a un décalage entre la communication et la réalité des filières de production, c'est certain, mais en même temps la fast fashion a le droit de prendre conscience des limites de son modèle et de les corriger. C'est même bien qu'elle évolue, tractée par le marché qui lui impose de faire des actions pour la planète et pour une production plus respectueuse des gens. Toutes ces marques qui 'greenwashent' et qui éveillent le public à consommer mieux, qui valident en quelque sorte notre discours qui était considéré comme marginal il y a dix ans, nous permettent d'accélérer notre croissance et de nous faire connaître car elles nous donnent raison. On sent bien que cette sur-communication, nécessaire sur ces enjeux, accélère la transition des consommateurs au bénéfice des marques qui le font vraiment. 

Pensez-vous pouvoir aller encore plus loin dans votre démarche ?

TH : Oui, on ne fait même que ça, à l'infini. On fait actuellement de la recherche et développement pour produire du coton en France grâce au recyclage des vieux jeans, et on développe aussi de nouveaux ateliers. On a de plus en plus de commandes de gens qui achètent de moins en moins de jeans; ce qui est super car ça signifie que quand on permet aux gens d'acheter mieux, ils achètent moins. Et cela permet également de générer des emplois locaux. On a créé 150 emplois en France en huit ans, et on espère un jour dépasser les 1083 emplois.
 

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