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Tranoi recherche de nouveaux partenaires

Publié le
17 mai 2020
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4 minutes
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La crise liée à la pandémie du Covid-19 se révèle en accélérateur du changement. Le secteur des salons mode a été particulièrement touché avec des sessions de début d'année très perturbées et des évènements de juin annulés. C’est dans ce contexte et alors que l'interrogation demeure pour les grands rendez-vous de la rentrée, que ces acteurs doivent se transformer.


Boris Provost, président de Tranoï - Tranoï



Parmi eux le Tranoï, acteur historique de la scène mode parisienne et reconnu internationalement, doit se réinventer à marche forcée. Boris Provost, qui dirige le salon et son équipe de 17 personnes depuis septembre 2019, est actuellement en pleine recherches de nouveaux partenaires financiers. Le dirigeant a demandé et obtenu le 15 avril la mise en procédure de sauvegarde de la société, ce qui permet à la société de voir ses créances gelées.

"Nous avons contacté tous nos fournisseurs, qui sont surtout des partenaires plus que des prestataires, pour leur expliquer la situation. GL Events, Magnum, Viparis, l’Atelier Richelieu, Houlala, Pauwel, Event maker, Trive, je veux les citer car tous nous ont manifesté leur soutien et je tiens à les remercier. Dans notre esprit ce sont les partenaires de demain. Si nous avons choisi la sauvegarde c’est pour nous permettre de traverser la crise et rebondir. Il semble que circulent des commentaires sur notre situation. Il est important de dire que ce n’est pas du tout une liquidation et que la société va continuer."

Boris Provost l’affirme, les projets de transformation de l’entreprise qu’il a amorcés sont toujours d’actualité. Le passage au tribunal était inévitable pour permettre à la société de franchir un cap.

"La décision du tribunal du Commerce nous permet de protéger l’activité, les projets et les emplois. Il y a un an, Armand Hadida et Patrick Lecêtre (actionnaires de la société avec le Groupe HLD, NDLR) m’avaient contacté pour représenter  une nouvelle gouvernance et repositionner l’entreprise. C'est ce défi qui m'a fait rejoindre l'aventure. Notre feuille de route permettait un redéploiement, avec pour eux, la perspective d’un départ dans deux à quatre ans. Avec l’impact du Covid-19 sur les derniers salons, le peu de visibilité sur les prochaines échéances, et un besoin d’un apport en trésorerie, ils n’ont pas souhaité soutenir l’entreprise."

La direction de Tranoï s’est donc mise en quête de nouveaux partenaires financiers. Selon elle, Armand Hadida et Patrick Lecêtre n’envisagent pas de maintenir leur participation dans la société, alors que des discussions sont engagées avec HLD sur la possibilité d’une participation minoritaire. Boris Provost est donc en pleine recherche d’investisseurs.

"Les discussions sont engagées et il existe plusieurs profils : des organisateurs de salons français et internationaux, des acteurs du digital, qui apporteraient une expertise numérique intéressante, et des fonds avec des tailles et des profils divers. Nous sommes très confiants. Notre vision est de s’entourer de partenaires qui s’inscrivent sur le moyen – long terme, des hommes et des femmes impliqués avec des expertises complémentaires aux équipes en place, pour collectivement faire évoluer notre offre de services afin de sécuriser un retour sur investissements à nos clients."

Il n’est pas précisé quelle est l’enveloppe nécessaire aujourd’hui, mais pour séduire de nouveaux investisseurs et consolider son activité, le Tranoï veut avancer sur trois axes : l’organisation d’évènements au positionnement clair qui assurent un visitorat qualitatif aux exposants, une digitalisation de l’activité et son internationalisation. Sur le volet numérique, alors que d’autres acteurs comme Man/Woman ou Welcome Edition annoncent l’activation de leur plateforme en ligne pour le mois de juin, la direction prépare sa propre solution pour la première quinzaine de juin. Une plateforme qui doit permettre aux exposants et visiteurs du Tranoï d’être en contact mais qui devra aussi animer la communauté tout au long des saisons.


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Côté international, c’est bien sûr en Chine, où il avait déjà avancé ses pions que le salon entend rebondir. "Sur la Chine, nous travaillons sur un projet adapté au contexte. C’est sur ce marché que l'activité pourrait redémarrer rapidement. Nous devons apporter une solution agile aux exposants pour les aider à saisir des opportunités", affirme Boris Provost.

Reste l'interrogation des salons physiques. L’inconnue est encore grande pour les éditions de la rentrée de septembre. Et cela pèse forcément sur les projets de tous les organisateurs de salons. "J’ai la chance d’avoir une équipe hyper motivée. Et nous avons des marques de solidarité de la part de nos exposants. Nous les avons contactés, mis en place des questionnaires pour affiner notre offre. Nous avons préempté les lieux et nous avons envie que la prochaine édition de Tranoï du 2 au 5 octobre puisse se faire même si l’on sait que cela sera une édition particulière. Mais notre rendez-vous physique ne pourra avoir lieu que si nous pouvons garantir que les exposants et les visiteurs pourront être présents et que l’on peut assurer les mesures sanitaires. Je ne prendrai pas le risque d’embarquer des exposants fragilisés sur un évènement où il n’y aura pas de trafic."

Pour rassurer ceux-ci, Boris Provost explique que, bien que le calendrier soit serré, le nouveau pool d’investisseurs sera annoncé durant l’été. Selon leurs profils, cela pourrait accélérer certains projets de l’organisateur de salon.

 

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