Triumph conforte son site d'Obernai avec une plateforme logistique agrandie

Inauguré le 14 juin 2018 dans la zone industrielle d’Obernai, le nouveau centre logistique du groupe de dessous Triumph est entré en service quinze jours plus tôt et sera pleinement effectif à la fin de l’année. Ce lieu de 3 500 mètres carrés, en chantier depuis janvier 2017, est accolé à un espace plus ancien et accroît de près de 45 % les capacités de stockage de son site alsacien. Désormais, ce sont près de 650 000 cartons, comprenant en moyenne 19 pièces, qui peuvent être conservés au sein du siège français de l’entreprise allemande.
 
Une vue de l'extérieur de la nouvelle plateforme logistique de Triumph à Obernai - Triumph

Si l'inauguration de ce nouvel espace entièrement robotisé n’a aucune incidence sur le nombre de salariés à Obernai (fixé à 320, auxquels s'ajoutent des intérimaires en fonction des pics d’activité), il a pérennisé les emplois du personnel alsacien. Grâce aux 10 millions d’euros d’investissement réalisé pour monter ce lieu (dont 70 % rien que pour les équipements), 2 000 commandes quotidiennes peuvent être traitées à destination des 26 000 clients situés dans 17 pays européens différents d'Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest. Un million supplémentaire a été nécessaire pour moderniser les appareils déjà existants.
 
L’innovation technologique qui a été apportée à Obernai, où Triumph est installé depuis 1968, concerne le système de stockage automatisé de type transtockeur multi-niveau, mis au point par un intégrateur allemand, Gebhard. Répartie en cinq niveaux, la plateforme logistique compte 25 navettes qui se déplacent jusqu’à 60 km/h pour gagner leur place dans l’un des 47 étages de rayonnage. C’est le premier du groupe dans le monde à être équipé de cette technologie.
 
Le site, qui craignait, avant de remporter le chantier, la fin de son activité, voit son avenir assuré pour quelques années. Ce qui ravit les élus locaux. « Il y a deux ans, il y avait un véritable risque de fermeture de la plateforme d’Obernai et de nombreux emplois étaient en danger. Il a fallu se positionner rapidement et tout a été très vite pour que la région Grand Est s’engage à hauteur de 200 000 euros », explique ainsi Marièle Colas-Wies, élue régionale.
 
Le maire d’Obernai, Bernard Fischer, qui a profité de son discours officiel pour rappeler aux salariés que « c’est quand même un beau métier que celui que vous faites », en jetant un regard entendu sur les campagnes de publicité Sloggi et Triumph alentours, a aussi relaté être allé voir Markus Spiesshofer, dirigeant du groupe Triumph, pour présenter le projet. Parce que, avant de devenir le premier espace logistique européen du groupe de lingerie, Obernai était en compétition avec les autres sites du continent, notamment celui d’Aalen en Allemagne. « L’ensemble des flux de marchandises européens ont été revus, en vérifiant la performance de chacun », relate Gabriel Arhanchiague, directeur logistique Europe de Triumph. « Obernai a été choisi parce que l’emplacement est stratégique pour les régions que le centre dessert, mais aussi parce que, sur le site, il y avait la possibilité technique de construire », poursuit-il.
 
De son côté, Bertrand Ochnet chargé des relations entre les pays, relate : « Ce nouveau centre logistique prend le relais de celui situé à Wiener Neustadt en Autriche et supprime une étape dans le processus de livraison. Jusqu’ici, une partie des produits finis que nous recevions à Obernai transitaient par celui-ci. Désormais, tous les produits finis des 17 pays que nous couvrons arrivent directement à Obernai, à l’exception de la lingerie de nuit ». Triumph précise également que grâce à Obernai, la disponibilité des stocks sera optimisée, tandis que les flux et les process de distribution seront adaptés aux besoins commerciaux. De quoi générer des économies logistiques pour le groupe, dont Triumph refuse de révéler l’ampleur.


Une vue de l'intérieur de la nouvelle plateforme logistique de Triumph - FashionNetwork.com

Dans le centre logistique attenant et plus ancien, 250 personnes, réparties sur deux créneaux de sept heures, préparent les envois finaux vers les distributeurs multimarques, la vente à distance, les grands magasins et les magasins en propre de Triumph. En plus de la mise en carton et de l’expédition, s’ajoute une série de traitements spécifiques. Mise sur cintre, sous emballage ou installation d’anti-vols, 40 % des 140 000 produits envoyés quotidiennement aux différents pays depuis Obernai passent par le service « Préparation spéciale », opération facturée en plus aux clients. De janvier à juin, pendant la livraison des pièces balnéaires, le nombre d’unités traitées chaque jour à Obernai passe à 240 000.
 
Si le site logistique autrichien a lui aussi fait l’objet d’un investissement de 10 millions d’euros, les cinq autres centres n’ont, à notre connaissance, pas vu de changement en leur sein. Triumph confirmait en juillet 2016 les informations du quotidien allemand Gmünder Tagespot, qui annonçait que 50 postes seraient supprimés sur le site concurrent d’Obernai pour l’accueil de la plateforme logistique, Aalen, puis 25 supplémentaires en 2017. A ce jour, le site est toujours actif, même si à la question de sa survie future, Triumph n’a pas répondu de manière précise. Le groupe, qui a vu son histoire commencer en 1886 dans le sud de l’Allemagne, s’est séparé de la lingerie pour homme Hom et de Dorina en 2015, et a repositionné ses marques phare, Sloggi et Triumph. Désormais, l’entreprise de sous-vêtements, dont le siège se trouve à Bad Zurzach en Suisse, se targue d’être présente dans 120 pays et revendique 1 650 points de vente en propre, ainsi qu’un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de francs suisses, soit près de 1,3 milliard d’euros.

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