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Publié le
18 mars 2021
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6 minutes
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Troisième confinement: les boutiques de mode contraintes à la fermeture en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France

Publié le
18 mars 2021

Confinement, épisode 3 pour près d'un tiers des Français: le gouvernement impose à l'Ile-de-France, aux Hauts-de-France et à trois autres départements de fortes restrictions, mais sans fermer les écoles et en privilégiant les activités de plein-air.  En revanche, les commerces sont en première ligne dans les mesures prises par le gouvernement et annoncées ce jeudi soir par le premier ministre Jean Castex.


Jean Castex - AFP


Les nouvelles restrictions «ne sont pas de bonnes nouvelles et je sais la lassitude qui est la vôtre face à cette succession de mesures qui, à l’image du virus lui-même, vont et viennent, évoluent et s’adaptent à mesure que la crise dure», a souligné Jean Castex. Mais ces mesures sont «absolument indispensables et équilibrées» et «visent à freiner le virus sans nous enfermer», a ajouté le Premier ministre qui a finalisé ces restrictions à la mi-journée avec Emmanuel Macron, qui avait affirmé mardi qu'elles seraient «pragmatiques, proportionnées et territorialisées».

L'exécutif a choisi «une troisième voie», selon Jean Castex, après les deux premiers confinements, celui très strict qui avait débuté il y a un an, le 17 mars 2020, puis celui, plus souple, de l'automne. Les demandes de réouvertures des grands centres commerciaux formulées mardi par le Conseil du commerce de France (CDCF), comme les calculs alarmants du coût d'un nouveau confinement formulé par la confédération des PME, qui chiffrait à "2,8 milliards d'euros par semaine le coût sur le PIB français d'un confinement identique à celui de novembre" n'y auront rien fait. Dans ce nouveau scénario, donc, les commerces "non essentiels" vont devoir fermer.

Les commerces et rayons de grandes surfaces ne rentrant pas dans la liste de ceux «vendant des biens et des services de première nécessité» fermeront leurs portes dans les 16 départements concernés par le reconfinement, dont ceux d'Ile de France, à partir de ce week-end, a annoncé le Premier ministre Jean Castex jeudi. Sont concernés : les huit départements de l'Ile-de-France, les cinq des Hauts-de-France ainsi que les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l'Eure.

Afin de «réduire les occasions de contacts dans les lieux clos», les commerces non-essentiels devront baisser le rideau. Mais, après leur mobilisation à l'automne, les librairies et disquaires ont gardé le droit de rester ouverts, étant désormais catégorisés comme «de première nécessité».

"Absurdie"



Des décisions qui ont été fortement commentées par les acteurs et institutions représentant le commerce dans l'Hexagone.

De son côté le CdCF s'est dit, sur Twitter "abasourdi par une telle décision. C’est l’incompréhension qui demeure. Incompréhension face à la fermeture des commerces et au retour à la distinction essentiels/non essentiels. #absurde"

"Si le moral des Français semble importer au Gouvernement, celui des commerçants ne paraît pas le préoccuper. L'Alliance du
commerce dénonce, au-delà du nouveau coup de massue asséné à notre secteur, des décisions incompréhensibles et stigmatisantes, aux graves conséquences".

"On revient en absurdie, a estimé au micro de France Info Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution. Tout le monde nous avait dit, notamment au gouvernement, qu'ils ne referaient jamais ça, car personne ne comprenait pourquoi un pyjama pouvait être vendu pour un enfant de 2 ans et pas de 4 ans." Avant d'annoncer qu'une réunion aurait lieu ce vendredi avec Alain Griset permettant d'aborder la question de la liste des produits de première nécessité. "Toutes les études montrent que ça n'est pas dans les commerces qu'il y a des risques de contamination importants, d'autant plus que des mesures fortes ont été prises, a-t-il développé. Et malheureusement, encore une fois, c'est le commerce qui trinque et qui va fermer. C'est comme si on n'avait rien appris depuis un an." 



Le président français Emmanuel Macron (au centre), le ministre de la Santé Olivier Veran (à droite) et Jan Hayon (à gauche), le médecin chef des soins intensifs de l'hôpital de Poissy (France), discutent avec le personnel soignant, le 17 mars 2021 - Pool AFP


Au-delà du commerce, le Premier ministre a insisté sur les mesures à prendre sur les lieux de travail. Dans une même logique, «toutes les entreprises et administrations qui le peuvent» devront pousser «au maximum» le télétravail pour le mettre en place «au moins quatre jours sur cinq».

«La progression de l'épidémie s'accélère nettement» et elle «s'apparente de plus en plus clairement à une troisième vague» de Covid-19 avec les variants, a déclaré Jean Castex au cours d'une conférence de presse.  Sont ainsi concernés 21 millions d'habitants, dont les 12 millions de la région parisienne, de loin la plus densément peuplée et le poumon économique du pays. Les restrictions pourront être étendues «à d'autres parties du territoire» selon l'évolution du virus, a prévenu le Premier ministre.

La France a enregistré jeudi près de 35.000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, dépassant la barre des 30.000 pour la deuxième journée consécutive, selon Santé publique France.

La pression sur les services de réanimation, accueillant les malades les plus graves, est repartie à la hausse, avec 4.246 malades, contre 4.219 la veille, un nouveau plus haut depuis fin novembre. Plus d'un quart de ces patients (1.201) sont hospitalisés en Ile-de-France.

«Sans nous enfermer»





Le chef du gouvernement, qui avait été le «Monsieur déconfinement» l'an dernier, a ainsi annoncé que le couvre-feu, en vigueur depuis décembre, sera retardé en métropole à compter de samedi de 18H00 à 19H00, notamment pour tenir compte du passage à l'heure d'été à la fin du mois.

Comme à l'automne, les écoles et collèges resteront ouverts normalement mais les lycées basculeront tous en «demi-jauge» dans les 16 départements concernés.

En revanche l'éducation physique et sportive des scolaires pourra reprendre normalement et les activités sportives extra-scolaires en plein air des mineurs seront maintenues, a précisé Jean Castex.

Alors que les beaux jours approchent, «il sera possible de se promener, de s’aérer ou de faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi», a annoncé le Premier ministre. Dans les 16 départements, les déplacements interrégionaux seront «interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels».

«Moyen-Age»



Avant même la fin de la conférence de presse, des responsables de l'opposition ont vivement critiqué ce nouveau tour de vis. «Le confinement, c’est ce que l’on fait quand on a tout raté», a dénoncé Marine Le Pen (RN). «Retour au Moyen Âge: le confinement. Puis déconfinement. Puis reconfinement. La vis sans fin», a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI), en accusant le gouvernement de n'avoir «rien prévu, rien organisé».

Pour Damien Abad (LR), «cette décision de reconfinement est la conséquence directe d'une politique de vaccination chaotique. (...) Vaccinez et augmentez nos lits de réanimation, sans quoi on devra toujours confiner».
Mais Jean Castex a défendu la décision prise le 29 janvier par Emmanuel Macron de ne pas reconfiner, malgré les appels de nombreux médecins. «Nous avons bien fait», a-t-il assuré.

Plus que jamais, l'exécutif compte sur son programme de vaccination pour sortir de la crise.

Jean Castex a annoncé la reprise vendredi après-midi de la vaccination avec le sérum AstraZeneca, suspendue depuis lundi, après les conclusions du régulateur européen jugeant ce vaccin «sûr et efficace». Pour rassurer, il ira se faire vacciner dès vendredi.

Malgré cette suspension, la campagne vaccinale a continué de progresser: 5.748.698 personnes ont reçu au moins une injection et 2.393.568 ont eu leurs deux doses, selon la Direction générale de la Santé.

Avec AFP

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