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5 avr. 2022
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Ukraine: Chanel applique l’embargo aussi aux Russes en dehors de la Russie

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5 avr. 2022

Chanel s’expose en première ligne dans la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie. Comme la plupart des marques et grandes griffes, la maison de luxe française a été l’une des premières à suspendre son commerce en Russie. Mais elle semble aller plus loin en ne vendant pas, non plus, ses produits aux acheteurs russes, qui se trouvent en dehors de leurs frontières, appliquant ainsi strictement les sanctions émises par l’Union européenne et d’autres pays.


Le dernier défilé Chanel pour l'hiver 2022/23 - © PixelFormula


Certaines influenceuses russes, qui se sont vu refuser des achats auprès de la griffe dans plusieurs boutiques, en particulier à Dubaï, n’ont pas manqué de protester et témoigner de leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Sollicitée par FashionNetwork.com, Chanel a confirmé sa position, en expliquant "qu’en tant qu’entreprise internationale, elle se conforme à toutes les lois applicables à ses activités et à ses employés dans le monde entier, y compris les lois imposant des sanctions économiques et financières".

Et de rappeler "qu’à la suite des différentes sanctions émises par l'UE, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Suisse à l'égard de la Russie et de la Biélorussie, Chanel n’est pas autorisée à effectuer des transactions avec certaines personnes physiques et morales désignées ou listées par ces régimes de sanctions".

Des sanctions plus récentes de l’Union européenne et de la Suisse incluent notamment une interdiction de "vendre, de fournir, de transférer ou d’exporter, directement ou indirectement, des produits de luxe à toute personne physique ou morale, entité ou organisme en Russie ou aux fins d’une utilisation dans ce pays", souligne la maison française, en précisant que cette interdiction s’applique à des produits de luxe, "dont la valeur dépasse 300 euros par article".
 
"C'est la raison pour laquelle nous avons demandé aux clients, dont nous ne connaissons pas la résidence principale, de confirmer que les articles qu'ils achètent ne seront pas utilisés en Russie", poursuit-elle. Ce qui n’a pas manqué de susciter la surprise auprès de la clientèle russe. Comme elles le rapportent sur les réseaux sociaux, certaines influenceuses russes, dont quelques-unes sont de fidèles clientes de la maison et assistent habituellement à ses défilés, n’ont pu finaliser leurs achats, les vendeurs leur expliquant qu’ils ne pouvaient leur vendre des produits, car elles les auraient de toute évidence portés ou endossées en Russie, faute de s’engager par écrit à ne pas le faire.
 
Ces épisodes, relayés sur la Toile, ont provoqué un tollé auprès de l’une des clientèles les plus assidues de la marque, obligeant Chanel a un délicat jeu d’équilibriste. "Nous sommes conscients que cette approche de la loi a été incomprise par certains de nos clients. Nous travaillons actuellement à l'amélioration de cette approche et nous sommes désolés du malentendu que cela a généré, car le respect de tous nos clients, d’où qu’ils viennent, est une priorité pour Chanel", déclare le groupe. L’attitude ferme de Chanel sera-t-elle adoptée aussi par d’autres maisons de luxe ? L’enjeu est de taille en termes économiques et d’image.

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