Un nouveau guide pratique pour démarrer sa stratégie RSE

Par où commencer son évolution responsable ? Comment s’y retrouver dans les labels ? Et comment ne pas se faire taxer de « greenwashing » ? Depuis près de deux ans, au sein de la filière mode, textile et habillement, les problématiques de responsabilité sociale et environnementale se font clairement plus prégnantes. Reste que si les marques du secteur prennent conscience du contexte global sur ces thèmes (et en particulier de l’attente croissante de la part des consommateurs), nombre d’entre elles ne savent pas encore comment approcher cette question.


Fanny Garcia présente le nouveau guide pour débuter une action RSE - FNW

Ce mercredi 20 mars, à l’occasion du coup d’envoi du quatrième salon Traffic, qui se tient jusqu’à jeudi soir au Carreau du Temple, la Fédération française  du prêt à porter féminin (FFPAF) a présenté son nouveau guide, baptisé « guide pour une chaîne d’approvisionnement durable », destiné aux marques pour aborder ces sujets de manière pragmatique.

« Notre volonté n’est pas de stigmatiser les entreprises qui n’ont pas de démarche. Nous ne portons pas de jugement de valeur, mais notre conviction est qu’il faut s’engager pour répondre à l’attente des consommateurs, a précisé Pierre-François Le Louët, président de l’organe, qui a lors de son discours inaugural annoncé sa candidature à la tête de la FFPAF pour un second mandat. Nous avons la conviction que bien entendu, on ne peut pas être bon partout tout le temps, mais que le plus important c’est le chemin. »

Ce guide d’une vingtaine de pages, financé par le Defi et réalisé aussi avec la Fédération de la maille et de la lingerie et la Fédération du vêtement masculin, entend donner des clés pour les grandes entreprises comme pour les petites structures.

« C’est souvent dans la chaîne d’approvisionnement que se trouvent les enjeux à relever par vos équipes, a détaillé Fanny Garcia, du cabinet BlueQuest, qui a oeuvré sur le projet. Nous avons travaillé avec des marques de différentes tailles pour pouvoir appréhender les problématiques. Et nous avons mis sur pied des ateliers pour tester avec elles et avoir au final une proposition opérationnelle. »

En s’appuyant sur quelques graphiques, Fanny Garcia a relevé quelques paradoxes du secteur qui montrent que le secteur n’a pas encore totalement appréhendé ces sujets. Ainsi, 60 % des entreprises sourcent leurs matières et sous-traitent dans des zones identifiées à risque sur les questions sociales et environnementales. Mais 80 % des acteurs du secteur se considèrent comme faiblement exposés à ces problématiques. Et seulement 20 % ont recours à des labels alors que, pour les consommateurs, les thèmes du « made in », de la traçabilité, des conditions de travail et de l’impact sur la santé deviennent de plus en plus sensibles.
 
Six outils pratiques

Pour travailler sur l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement, le guide a ainsi imaginé six outils. « Nous avons d’abord proposé une méthode pour cartographier les enjeux RSE de la chaîne d’approvisionnement. Celle-ci tient sur deux pages, pratique pour aller sur le terrain avec, explique Fanny Garcia. Ensuite, comment démarrer le plan d’action. On ne va pas tout faire. Commençons par travailler sur les 10 premiers fournisseurs. Regardons aussi la matière la plus volumique et les produits iconiques. C’est une approche concrète qui va alimenter la machine. »

Le guide propose ensuite une série de dix questions que les équipes peuvent poser aux partenaires, une liste des matières alternatives pouvant se substituer au sourcing conventionnel, des critères à fixer aux sites de production. Les opérations de communication n’arrivent qu’en toute fin de liste, d’abord auprès des équipes internes et des partenaires, avant de vouloir « valoriser ses actions pour susciter la préférence de marques ». Tout l’enjeu là est d’éviter de se faire taxer de « greenwashing ». « Pour cela, l’idée est d’avoir une communication graduelle, appuie Fanny Garcia. Mais nous voyons aussi que plusieurs acteurs ont des approches très spécifiques sur la production locale, le slow… »

Ce nouvel outil va être proposé sur le site de la Fédération française du prêt à porter féminin, qui invite les entreprises à le faire circuler aux différentes équipes au sein des marques. Une Web-conférence va venir en complément du guide dans les prochaines semaines pour entrer dans le détail des initiatives possibles. Dans ce grand changement, les PME ont semble-t-il un atout : leur capacité à pivoter pour adopter ces pratiques peut se faire beaucoup plus rapidement que pour les grands groupes.

« C’est excessivement important. C’est un impératif et c’est maintenant. Vous n’avez pas le choix ! » a averti Clarisse Reille, directrice générale du Defi, à l’attention des marques présentes au salon Traffic. Les nouveaux entrants, eux, intègrent en effet déjà pour beaucoup ces éléments de traçabilité et de responsabilité.

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