Une Fashion Week Homme à l'accent nippon

Douze. C’est le nombre de marques japonaises engagées cette saison à la Fashion Week hommes de Paris. Un record composé des têtes d’affiches historiques, Yohji Yamamoto et Issey Miyake notamment, des marques fidèles à Paris, Junya Watanabe, Sacai, Rynshu, Facetasm, Undercover, ou Christian Dada, auxquelles il fallait rajouter trois entrants : Takahiromiyashita The Soloist, Mihara Yasuhiro et Fumito Ganryu.


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Fumito Ganryu - automne-hiver 2019 - Menswear - Paris - © PixelFormula

Ce dernier a lancé sa carrière avec Comme des Garçons pour qui il a oeuvré pendant 13 ans. Il a lancé avec eux sa propre ligne « Ganryu » en 2007, un style streetwear et workwear, avant de quitter l’aventure et de s'essayer en solo. 
 
Après avoir dévoilé sa marque à Florence en juin dernier, le créateur japonais avouait son ravissement de venir à Paris : « Une place naturelle pour la mode et le lien entre deux pays qui aiment la mode, et un lieu qui se prête bien je pense à mon vestiaire ». Un univers qui joue sur l’oversize et l’élégance pure, aux vestes ceinturées et fluides, montrant par certains endroits l’influence de Comme des Garçons. 

Un héritage sur lequel le créateur, qui ne parle pas anglais, ne souhaitait pas s’exprimer, reconnaissant néanmoins « entretenir des relations amicales avec l’ensemble des designers contemporains et profiter humainement de l’expérience de l’ancienne génération »...


Yoshio Kubo

Autre valeur montante de la création japonaise, Yoshio Kubo. En marge du calendrier, il présente ce vendredi sa seconde collection à Paris et choisit le Théâtre Marigny avec un programme aguichant autour d’une « mode psycho-active et pièces hallucinogènes ».
 
Né au Japon, le créateur de 44 ans a lui été largement inspiré par la culture américaine et par les Etats-Unis, où il a étudié (à Philadelphie), et New York, où il a travaillé une dizaine d'années pour la maison de couture Robert Denes. S’il avoue « depuis toujours respecter la génération des créateurs japonais, ceux qui ont construit la mode au Japon », son point de vue est différent : « Mon parcours et ma culture a fait que c’est l’Amérique qui m’a davantage inspiré plutôt que le Japon, je respecte le travail de toutes les générations, mais je ne suis pas de leur école. Il m'arrive de dîner avec d'autres designers à Tokyo, mais nous ne parlons pas de nos marques. »
 

Sulvam

Finaliste du Prix LVMH en 2017 et originaire de Tokyo, Teppei Fujita fait partie de ceux qui compteront dans les prochaines années. Lui vient de l’école Yohji Yamamoto, « le designer grâce auquel j’ai appris toutes les techniques de couture et donc la base pour donner naissance à la marque Sulvam ».
 
Pour son second défilé à Paris, il proposait jeudi une présentation de sa collection au Palais de Tokyo. « Paris est devenue la place incontournable pour une pleine visibilité et même si j'ai commencé avec Milan et Florence, Paris reste l'objectif des designers japonais aujourd'hui. »

Une collection inspirée des années 1930 et du travail de la photographe Diane Arbus, et un concept parfait pour se démarquer du large nombre de créateurs japonais à Paris. « Une bonne chose, dit-il, et la récompense des efforts de la Japan Fashion week pour pousser les designers japonais à Paris. Reste à savoir si cela se poursuivra et si les responsables continuent à soutenir les créateurs de cette manière ». « Dans deux ans, la situation pourrait être différente », conclut le créateur.

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