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Bally augmente ses bénéfices aux États-Unis et au Japon

Par
Reuters API
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
today 19 avr. 2018
Temps de lecture
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La marque suisse de chaussures et de maroquinerie haut de gamme Bally a réalisé son meilleur bénéfice sous-jacent de la décennie l'an dernier, grâce à une bonne croissance aux États-Unis et au Japon, selon les dires de son PDG, Frédéric de Narp.


Bally


Frédéric de Narp, qui a rejoint l'entreprise il y a près de cinq ans après un passage chez le joaillier Harry Winston, a remis la marque de luxe privée sur le chemin de la croissance, après des années de stagnation des ventes et de collections sans panache, marquées par un renouvellement fréquent des équipes de création et de direction.

« C'est concret : nous avons enregistré une croissance des ventes sur tous les continents », a-t-il confié à l'agence Reuters en marge du World Retail Congress à Madrid. Les ventes de l'entreprise sont en progression depuis deux ans et l'entreprise a réalisé son meilleur bénéfice net de la décennie au cours de son exercice 2017, a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions.

Les États-Unis sont le marché qui connaît la croissance la plus rapide pour Bally, grâce à des collaborations avec des rappeurs et des graffeurs. Les ventes aux États-Unis ont progressé de plus de 20 % cette année, surpassant l'augmentation de 14 % enregistrée en 2017. Marque citée par les rappeurs américains Doug E Fresh et Slick Rick dans les années 1980, Bally a cherché à appuyer cette image en proposant des collaborations ciblées. Pour la dernière, le chanteur de hip-hop américain Swizz Beatz et le peintre espagnol Ricardo Cavolo ont produit une collection capsule comprenant des tennis, des sweatshirts et des bombers imprimés de flammes et de plumes dessinées.

En février dernier, JAB Holdings, le propriétaire luxembourgeois de Bally, avait accepté de vendre une part majoritaire de l'entreprise au conglomérat chinois Shandong Ruyi, pour un montant qui n'a pas été révélé. Le fabricant textile chinois, à l'origine simple producteur de laine dans la province du Shandong en Chine orientale, s'est transformé ces dernières années en grand groupe de luxe international, après avoir racheté compulsivement de nombreuses marques. 


Tiffany Tang Yan pour Bally


Bally fait donc désormais partie d'un portefeuille comprenant également le tailleur britannique Gieves & Hawkes, le groupe parisien SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot) et la maison de prêt-à-porter et de parfums masculins Cerruti 1881.

Après le départ de son directeur créatif Pablo Coppola en décembre dernier, Bally a regroupé trois créateurs pour les accessoires, les chaussures et le prêt-à-porter sous l'autorité du directeur de la marque Morad Tabrizi, qui a rejoint Bally après avoir quitté Tom Ford en 2015. Frédéric de Narp et son équipe se sont engagés à rester chez Bally pour encore cinq ans, condition exigée par Shandong Ruyi avant de racheter le groupe.

L'entreprise, fondée en Suisse au milieu du XIXe siècle, était l'une des premières marques de luxe à pénétrer le marché chinois dans les années 1980, quand le pays avait commencé à s'ouvrir aux investissements étrangers. Plus de la moitié des ventes de Bally sont réalisées auprès de clients chinois - que ce soit en Chine ou au cours de leurs voyages, précise Frédéric de Narp.

Mais sous sa direction, Bally a fermé un tiers de ses magasins en Chine au cours des trois dernières années, afin de se reconcentrer sur de plus grands espaces de vente, installés à de meilleurs emplacements, tout en lançant des lignes plus décontractées pour attirer une clientèle plus jeune.

Cette année, Bally ouvrira son premier flagship chinois dans le centre commercial haut de gamme China World à Pékin ; pour marquer le coup, l'actrice chinoise Tiffany Tang Yan a été embauchée pour poser sur les campagnes de publicités.

« Il y a cinq ans, les clients chinois étaient en moyenne 10 ans plus jeunes que les clients occidentaux. Aujourd'hui, le client chinois a environ 20 ans de moins que notre clientèle occidentale », a-t-il précisé.

Le marché chinois de la vente de produits de luxe a atteint l'an dernier 142 milliards de yuans (18,25 milliards d'euros), soit 20 % de plus par rapport l'année précédente, selon le cabinet-conseil Bain & Co. Un rebond impressionnant après cinq ans de croissance morose - à attribuer en grande partie aux consommateurs appartenant à la génération Y.

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