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Hermès confirme la résistance du luxe face à la crise

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AFP
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31 août 2012

PARIS, 31 août 2012 (AFP) - Le sellier Hermès terminera encore l'année 2012 sur des résultats aussi luxueux que ses sacs et carrés de soie alors qu'aucun signe de ralentissement des ventes, même de Chine, ne vient assombrir son horizon, confirmant encore une fois la résistance du luxe face à la crise.

La maison du 24 Faubourg Saint-Honoré a affiché vendredi un premier semestre étincelant tant en ventes (+15,4% à données comparables à 1,6 milliard d'euros) qu'en bénéfices (+15,2% à 335,1 millions d'euros) et rentabilité (32,1%) au point de relever, avec sa prudence habituelle, son objectif de croissance du chiffre d'affaires, désormais attendu à 12% contre 10% auparavant.

Hermès rejoint en cela les résultats tout aussi brillants des LVMH, numéro un mondial du luxe qui détient 22,3% du capital de Hermès, PPR (Gucci, YSL..), Richemont (Cartier, Jaeger-Lecoultre etc), Prada ou Tod's.

Face au climat économique mondial plombé, les analystes guettent le moindre signe négatif en provenance surtout de Chine, eldorado du luxe, alors que la croissance du pays donne des signes de ralentissement.

Lors de la présentation vendredi des résultats semestriels, le gérant d'Hermès Patrick Thomas a affirmé que "les tendances pour juillet et août sont dans la ligne du début d'année". "Nous ne percevons aucun changement en Chine". Sur le premier semestre, les ventes y ont grimpé de 28%.

Toutes les régions du monde, y compris la France et le Japon, ont bien tenu leur rang et tous les métiers ont contribué aux bons résultats, a souligné le gérant.

"Eviter la banalisation"

Hermès employait 9.526 personnes à fin juin. 445 nouveaux emplois ont été créés au premier semestre, dont 295 en production. Deux nouveaux ateliers de maroquinerie et deux ateliers d'impression de la soie doivent ouvrir bientôt en France.

L'objectif de la maison est d'accroître les capacités de fabrication de 10% par an en moyenne dans la maroquinerie.

"Dans la soie, les investissements en cours vont nous donner une vraie bouffée d'air frais. En deux ans notre capacité impression sera de l'ordre de 40% en volume", a estimé Patrick Thomas.

La stratégie d'Hermès n'est cependant "pas le volume mais plutôt une stratégie de valeur et d'authenticité" pour "éviter le grand risque de notre industrie, celui de la banalisation", a expliqué le gérant d'Hermès.

Ainsi la griffe ne souhaite pas ouvrir des magasins à un rythme soutenu, "sauf dans les nouveaux territoires" comme le Moyen-Orient, l'Amérique latine et encore un peu la Chine.

Seule ombre finalement, la rentabilité du sellier, toujours très élevée, ne devrait pas battre cette année le record de 2011 (31,2%). En cause, l'augmentation du coût des matières premières, des peaux de crocodiles, cuirs, soie brute et cachemire. "Comme nous n'augmentons pas nos prix en cours d'année, nous n'aurons pas le même taux de rentabilité", a dit Patrick Thomas.

Le gérant d'Hermès a dénoncé aussi les nouvelles dispositions fiscales créés par le gouvernement socialiste dont le relèvement de 8% à 20% du forfait social concernant la participation et l'intéressement des salariés qui coûte "15 millions d'euros" à l'entreprise ou encore les taxes sur les dividendes et les distributions gratuites aux salariés.

"Tout cela finit par peser assez lourd. Ces nouvelles charges risquent de nous coûter 1% de rentabilité d'ici la fin de l'année", a-t-il estimé.
Par Dominique AGEORGES

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