×
117
Fashion Jobs

JW Anderson : le créateur aux mille idées

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
today 17 févr. 2018
Temps de lecture
access_time 4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Jamais avare d'idées, Jonathan Anderson a présenté ce 17 février une collection à l'humeur joueuse - à l'image de ses accessoires en forme de doughnuts - au cours d'un défilé réunissant à la fois le prêt-à-porter masculin et féminin, la pré-collection et la collection principale.
 

JW Anderson - Instagram

 
Une nouvelle fois, le défilé avait lieu samedi matin au Yeomanry House, un petit entrepôt militaire à Bloomsbury : cette fois, le podium était agencé comme un labyrinthe, décoré de plusieurs sculptures bizarres, qui ressemblaient à des champignons vénéneux. 

On a parfois l'impression d'être le figurant d'une installation de Marina Abramovic quand on assiste aux défilés de Jonathan Anderson : on est si proche des mannequins que leurs vêtements nous effleurent les tibias. Sans compter la bande-son audacieuse imaginée par Michel Gaubert, rythmée par des morceaux de Fever Ray ou le dernier titre de Charlotte Gainsbourg, « Deadly Valentine ». C'est d'ailleurs exactement ce type de femmes qu'on imagine porter les vêtements créés par Jonathan Anderson. 

La silhouette de son défilé : une taille très basse, avec des coupes amples, à distance du corps. Tantôt en calicot rose, tantôt en soie plissée couleur chair, ou encore en imprimé cachemire, comme ceux qu'il utilisait pour ses premiers défilés, il y a une décennie. Une idée inspirée par Richard Smith, peintre des années 1970 fameux pour son usage des couleurs et sa série de Kite Paintings, des toiles en trois dimensions, sculpturales et monumentales.
 
« L'idée était de remplacer quatre défilés par seulement deux. Et dans chacun, présenter à la fois la pré-collection et la collection, pour plus de cohérence », expliquait Jonathan Anderson dans les coulisses très animées de son défilé.

Outre ses doughnuts en résine, le créateur a aussi proposé des grosses broches tricotées en forme de lapins Playboy, des mini-cartouchières et des motifs jacquard d'officiers de marine sur des pulls en laine.
 
Le talentueux créateur multiplie les bonnes idées : de très colorés lacets de rugby utilisés pour fermer des bottines à talons évasés aux superbes nouveaux modèles de sacs, en passant par le meilleur moment de la collection, une série de tennis montantes déclinées dans une palette de couleurs acidulées. Tout était cohérent, y compris les pulls tricotés dans des fils aux couleurs de sous-bois, dont la forme évoquait le visage abstrait d'un fantôme.
 
Pour l'homme, on a retenu le nouveau modèle de pantalon à ponts, pincé aux chevilles, coupé en laine kaki ou en peau d'agneau très fluide, et la chemise d'élève-officier de marine, revisitée en trench-coat.

« Il s'agit de répondre au fait que de nombreuses femmes achètent dans le prêt-à-porter masculin et vice versa. Objectif que nous poursuivons depuis le début. Alors pourquoi ne pas réunir tout ça sur une seule tenue JW Anderson ? » a demandé le créateur, originaire d'Irlande du Nord.

Celui-ci a d'ailleurs été gratifié par la présence au premier rang d'un de ses illustres confrères, Raf Simons. « C'est mon premier défilé à Londres et je l'ai adoré », a confié l'immense créateur belge, vêtu d'une veste de pilote.
 
La collection était à la fois raffinée et innovante ; surtout, elle transpirait l'optimisme de son créateur. Ce dernier a d'ailleurs lancé une compétition baptisée « Your Picture Your Future » (« Votre photo, votre avenir »), pour trouver le photographe de sa prochaine campagne. N'importe qui peut envoyer six images originales inédites au jury mené par Jonathan Anderson lui-même, qui annoncera le gagnant le 12 mars 2018. Le règlement de la compétition était fourni à tous les invités du défilés et précisait : « Le concours sera régi par les lois anglaises et sera soumis à la juridiction exclusive des tribunaux anglais ». Exclusive ? Eh bien Michel Barnier, qui négocie les conditions du Brexit pour le compte de l'Union européenne, pourrait bien avoir quelque chose à dire sur ce petit pied de nez à la législation en vigueur sur le continent... 
 
« J'ai mis un pied dans ce secteur en décrochant une récompense. Le monde de la mode connaît actuellement une période de transformations : il faut chercher et trouver ce qui est nouveau », expliquait Jonathan Anderson devant son panneau d'inspirations. 

On est resté dans le flou, toutefois, à propos des pièces distribuées immédiatement et celles qui le seront au moment du lancement des collections d'automne. « C'est tout l'art de la surprise. Les acheteurs savent... mais pas la presse ! » a-t-il répondu, un sourire en coin.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com