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Paolo de Cesare: "Avec nos propriétaires, nous sommes encore en lune de miel"

Publié le
today 16 janv. 2014
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Le patron du Printemps, racheté l’an dernier par le groupe qatari Divine Investments, a reçu FashionMag.com à l’occasion d’une visite guidée de sa nouvelle unité, inédite en son genre, dans la galerie marchande du Carrousel du Louvre d'une surface de 2600 mètres carrés qui diffuse une offre accessoires, beauté, horlogerie et joaillerie, adaptée à une clientèle internationale.

FashionMag.com: Quelles sont vos projections de chiffre d'affaires pour cette nouvelle unité parisienne ?
Paolo de Cesare: Je vous dirais que la moyenne du chiffre d’affaires de nos magasins est de 6000 euros par mètre carré, ce qui est très haut en comparaison de nombre d’enseignes. Le chiffre d’affaires du Printemps Haussmann, notre flagship, s’élève à 20 000 euros par mètre carré. Nous pensons atteindre dans cette nouvelle unité un score situé entre le premier et le second, pas aussi élevé que le boulevard Haussmann, mais vraisemblablement sur la partie haute de cet intervalle.

FM: Pourquoi n’avoir proposé ici qu’une offre condensée ?
PdC: Notre cible sur ce site est en visite culturelle et touristique, et son temps est compté. C’est pourquoi nous avons voulu concentrer notre offre, avec une sélection de haute qualité qui représente le meilleur du savoir-faire du luxe et de la beauté, mais de façon la plus simple possible. Sans avoir à essayer différentes tailles ni opérer de retouches. Nous nous sommes donc concentrés sur l’accessoire plutôt que le prêt-à-porter.

"Nous n’allons pas ouvrir avec des franchisés à l’avenir", Paolo de Cesare. PixelFormula



FM: Qui a arbitré la sélection, qui compte Bottega Veneta, Prada et Givenchy mais pas Chanel ni Vuitton ?
PdC: Cela résulte de notre choix, naturellement, d’abord pour une raison de place. La surface est ici réduite et nécessitait donc un arbitrage dans la sélection. Nous n’avions pas de place pour tous les géants du luxe. Ensuite, notre angle qualitatif était aussi celui d’une exclusivité discrète et, si je peux me permettre, qui ne relève pas de l’évidence mais plus de l’inattendu et de la mode. Il s’est par ailleurs avéré que certaines grandes maisons ne voient pas forcément d’intérêt à ouvrir un nouveau corner dans la capitale, pour des questions de stratégies internes dont il nous a fallu tenir compte. Il y a de grands changements en ce moment dans l’industrie du luxe qui voient certaines marques ralentir leur développement retail pour conserver leur rareté. Une ouverture de grand magasin, c’est avant tout un partenariat, et cette ouverture-là représente des années de discussions.

FM: Vous songez à reproduire le modèle ailleurs ?
PdC: Trouver un endroit comme le Carrousel du Louvre, qui voit passer 10 millions de visiteurs par an, c’est assez unique… à moins peut-être d’ouvrir un grand magasin au Vatican (rires, ndlr) ! Seul un emplacement aussi prestigieux justifie selon moi d’ouvrir un concept tel que celui-ci.

FM: Vous regardez vers l’étranger également ?
PdC: Nous ne l’excluons pas, mais nous n’avons pas de projet à l’étranger pour l’instant. Nos critères pour ouvrir un department store sont très particuliers. Nous n’avons surtout pas l’intention d’ouvrir comme le font certaines enseignes, en monnayant une franchise contre une jolie commission, pour oublier tout par la suite. Nous avons besoin de tout contrôler, à la manière d’un chef en gastronomie, qui ne peut pas déléguer son talent sans contrôler ce qu’on en fait. C’est pourquoi nous n’allons pas ouvrir avec des franchisés à l’avenir.

FM: Cette nouvelle année est, semble-t-il, bien chargée...

PdC: Absolument, avec quatre nouvelles ouvertures, un développement e-commerce et la suite de la rénovation du parc existant. C’est très excitant. Quant à l’intégration de Place des Tendances, elle nous ravit puisque les scores de la période de Noël ont été excellents avec une croissance à deux chiffres. Cela confirme notre approche stratégique et notre envie de jouer dans la cour du e-commerce. Et "Place des Tendances" s’avère un très bon moyen de nous aventurer dans le e-commerce.

FM: Comment se passent vos relations avec vos nouveaux propriétaires qataris ?
PdC: Nous sommes encore dans notre période de "lune de miel" (rires, ndlr). C’est un moment très agréable, un changement dans la continuité. Nos nouveaux propriétaires sont totalement dévoués à la réussite des projets stratégiques du Printemps, et ils nous soutiennent de façon très généreuse. Nous ne serions pas en mesure d’ouvrir de cette façon sans leur apport, même si le projet est en cours depuis des années.

FM: Ce soutien a-t-il facilité la finalisation de l’ouverture au Louvre ?

PdC: Non seulement leur soutien a accéléré l’ouverture, mais il se ressent aussi dans la qualité d’exécution des travaux et de la réalisation du concept final. Et tel sera aussi le cas à Marseille, notre prochain projet d’ouverture. Sans nos nouveaux propriétaires, nous marcherions peut-être sur du parquet aujourd’hui et non du marbre ici (rires, ndlr).

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