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Pom boutique : le pari d'un multimarques aux Terrasses du port à Marseille

Publié le
today 2 nov. 2014
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Il y a quelques semaines, Pom Boutique, un multimarque bien connu des Marseillais, prenait le parti de s’installer aux Terrasses du port, le nouveau centre commercial d’Hammerson dans la cité phocéenne.

Un pari qui peut sembler audacieux mais, pour les deux soeurs Sophie et Caroline Baron, à la tête de Pom, c’était avant tout une histoire de coup de cœur pour un lieu.

Pom Boutique, le multimarque chic des Terrasses du port à Marseille.

« Nous voulions ouvrir une troisième boutique depuis un moment mais nous n’avions pas d’idées précises quant à l’emplacement. Nous n’avions jamais pensé à nous installer en centre commercial mais nous avons eu un véritable coup de cœur pour les Terrasses.

C’est plus qu’un complexe commercial, c’est un lieu vivant qui a contribué à créer un nouveau quartier à Marseille. On avait envie de participer à cette aventure », explique Caroline Baron.

En faisant ce choix, les deux commerçantes ont dû néanmoins repenser leurs sélections. D’autant plus que le segment textile haut de gamme est particulièrement représenté aux Terrasses du port : Mickael Kors, Hugo Boss, Claudie Pierlot, Maje, Gant…

Caroline et Sophie Baron ont donc choisi de limiter leur offre à trois belles marques contre une trentaine pour leurs boutiques de centre-ville.

Au rendez-vous, des pièces issues des collection Burberry, Paul Smith et Armani. Des griffes à la renommée internationale qui ont l’avantage de proposer des collections pour l’homme et la femme.

Cette ouverture permet en effet à Pom de présenter, pour la première fois, du prêt-à-porter masculin même si l’offre pour femme reste majoritaire.

«Pour nous, il y avait deux défis. D’une part réaliser une sélection pour l’homme, que nous ne faisons pas dans nos deux boutiques de centre-ville, mais aussi penser notre offre en termes de marques plus que de produits, alors même que nous faisions le contraire jusque-là », explique Caroline.

Résultat ? Les deux femmes ont opté pour des pièces fortes, souvent emblématiques de ces grandes maisons, plus que pour leurs coups de coeur.

Néanmoins, une fois que la boutique sera lancée, elles introduiront quelques pièces peut-être moins attendues et des petits créateurs... Elles le savent, c'est aussi aux multimarques indépendants d'aider la jeune création à émerger.

Les changements stratégiques ont donc été nombreux. Pour autant, Pom boutique a gardé son âme de multimarques. Ainsi, pour le merchandising, les deux soeurs privilégient toujours une disposition par couleurs et non par marques, quant aux logos ostentatoires, ils n'ont toujours pas leur place en rayons.

L’objectif est simple et reste le même : que les clients composent leur silhouette en piochant une pièce dans chaque griffe.

Par ailleurs, Sophie et Caroline Baron ont mis un point d’honneur à conserver la dimension humaine et événementielle de leur boutique.
 
« Dans nos deux autres magasins, nous servons le café toute la journée et du champagne le week-end. Pourtant en arrivant aux Terrasses, comme c’était un centre commercial, nous ne l’avons pas fait et ça nous a manqué. C’est le genre de chose qui apporte de la vie à une boutique. C’est essentiel car, en multimarques, les clients viennent chercher une relation humaine, une expérience shopping plaisir… D’ailleurs quand nous avons décidé de mettre cela en place, la boutique a tout de suite décollé !», explique Caroline Baron.

Une méthode visiblement efficace jusque dans les chiffres car, après seulement un mois et demi d’ouverture, Pom Boutique affiche déjà un taux de fidélisation de 25%. Des résultats auxquels Caroline et Sophie ne s’attendaient pas dans un centre commercial... Mais ce n’est pas la seule chose qui a surpris les deux sœurs.

"On nous avait beaucoup parlé des touristes étrangers... Au final, les Terrasses du port nous permettent surtout de toucher une clientèle extérieure à Marseille (Aix en Provence, Arles, Camargue) qui ne venait plus dans l’hyper-centre. C’était un vrai manque à gagner que nous regrettions, explique la co-fondatrice. De plus, nous pensions vendre essentiellement des petites pièces (en moyenne 250 euros) … Finalement, les grosses pièces partent très bien aussi (en moyenne 2000 euros). Ceci dit, pour l'instant, les clients achètent simplement une ou deux pièces. Pas de tenue complète".

Des constats qui manquent encore de recul mais qui permettent aujourd’hui aux deux sœurs de tirer les premières leçons de cette expérience. La première étant qu’en centre-ville comme en centre commercial, il ne faut pas perdre de vue l'essentiel : de véritables échanges et une attention particulière portée aux clients.

En outre, selon Caroline Baron, « il faut oser aller plus loin avec les marques en leur faisant confiance. Faire des choix qui nous ressemblent, c’est une bonne chose mais ce n’est pas plus mal d'écouter ce que les Maisons ont à dire. Il y a une vraie place à prendre et à garder, en centre-ville comme en centre commercial, si l’on apporte son histoire et sa personnalité ».

 

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